Dans le courtage en énergie, un client signé n’est pas un client acquis. Son contrat a une échéance, et il recevra entre-temps les appels d’autres cabinets. La croissance d’un cabinet se joue donc sur deux tableaux : ce qu’il gagne, et ce qu’il garde. Ce guide s’adresse aux cabinets déjà lancés ; pour les premiers pas, voir Comment devenir courtier en énergie.
Pourquoi le portefeuille compte plus que les signatures
Une signature isolée rapporte une fois. Un client qui renouvelle rapporte à chaque contrat, sans coût de prospection. Un cabinet dont les clients restent consacre son énergie commerciale à grandir ; un cabinet qui les perd la consacre à remplacer ce qui part.
Le renouvellement se prépare dès la signature. Trois habitudes font la différence :
- Tenir un échéancier. Chaque contrat a une date de fin et, souvent, une date limite pour le dénoncer. Les connaître toutes, et prévenir le client assez tôt pour consulter sans urgence, est un service que les entreprises attendent.
- Donner des nouvelles hors échéance. Un point annuel sur les factures et les consommations rappelle au client que son contrat est suivi.
- Contrôler les factures. Une erreur détectée et corrigée vaut tous les arguments commerciaux.
La transparence comme argument commercial
Le métier n’a pas de cadre qui lui soit propre : le médiateur national de l’énergie a relevé l’absence de réglementation précise sur le courtage en énergie et observé que de nombreux intermédiaires tirent leurs revenus des partenariats avec les fournisseurs. Les entreprises le savent de mieux en mieux, et leurs premières questions portent sur ce point.
Y répondre avant qu’elles ne soient posées distingue un cabinet de ses concurrents. Trois informations suffisent :
- votre mode de rémunération, et son montant sur chaque offre présentée ;
- la liste des fournisseurs que vous consultez ;
- l’existence ou non d’un lien avec l’un d’eux.
Les fiches vérifiées de la liste des courtiers en énergie reprennent une partie de ces informations : le mode de rémunération, le nombre de fournisseurs partenaires annoncés, la publication ou non de leur liste et le lien déclaré avec un fournisseur. Une fiche où ces rubriques sont renseignées se lit mieux qu’une fiche où elles manquent. Les clientèles et les énergies indiquées placent par ailleurs le cabinet dans les pages par spécialité. Pour compléter votre fiche, utilisez la page Compléter une fiche.
Des accords fournisseurs à entretenir
Un courtier ne vaut que par les offres qu’il peut obtenir. Un panel trop étroit limite la concurrence et expose à la question qui fâche : pourquoi ces fournisseurs et pas d’autres ?
Élargir ses accords demande du volume, et les garder demande de la rigueur. Les fournisseurs privilégient les cabinets qui leur transmettent des dossiers complets, des données fiables et des clients qui paient. Un taux de transformation correct et peu de litiges après signature comptent autant que le nombre de dossiers envoyés.
Veillez enfin à ne pas dépendre d’un seul partenaire. Un cabinet dont l’essentiel des contrats va au même fournisseur n’est plus tout à fait un courtier, et ses clients finissent par s’en apercevoir.
Une organisation qui tient la charge
Tant que le fondateur vend, traite les dossiers et suit les contrats, le cabinet plafonne à ce qu’une personne peut faire. Grandir suppose de séparer trois fonctions.
La vente. Prospection, rendez-vous, signature des mandats. Qu’elle soit assurée par des salariés, des mandataires ou des franchisés, la question est la même : qui répond de ce qui est dit au client ? Formez et contrôlez ceux qui parlent en votre nom : c’est la réputation du cabinet qu’un démarchage agressif engage.
Le traitement des dossiers. Collecte des données, préparation des appels d’offres, mise en forme des comparatifs, suivi administratif des contrats. C’est la fonction qui se structure le mieux et qui fait gagner le plus de temps aux vendeurs.
Le suivi. Échéancier, contrôle des factures, relation courante. Souvent négligé, c’est lui qui produit les renouvellements.
Recueillez aussi correctement l’accord de vos clients pour consulter leurs données : Enedis rappelle qu’un tiers n’y accède que si le client l’y a autorisé expressément.
Élargir ses services sans se disperser
Une fois le contrat signé, le client a d’autres besoins liés à l’énergie. Y répondre prolonge la relation entre deux échéances. Les fiches de l’annuaire recensent les suivants :
- l’optimisation de la fiscalité énergétique ;
- le suivi de la facturation ;
- l’efficacité énergétique, audits et obligations du secteur tertiaire ;
- les certificats d’économies d’énergie ;
- le solaire et l’autoconsommation ;
- les bornes de recharge.
Chacun de ces métiers a ses règles et ses responsabilités. Mieux vaut en maîtriser un, ou s’associer à un spécialiste identifié, que d’afficher une liste que le cabinet ne peut pas tenir. Un service mal rendu fait perdre le client, contrat d’énergie compris.
Outils pour structurer le cabinet
Eneo et Energrid sont édités par Dynergy, qui édite aussi courtiers-energie.info.
Deux besoins apparaissent dès que le portefeuille dépasse ce qu’un tableur permet de suivre. Les outils ci-dessous sont cités à titre d’exemple ; d’autres solutions existent.
- Centraliser les dossiers, les mandats et les appels d’offres. Eneo est un logiciel de gestion commerciale conçu pour les courtiers en énergie : dossiers clients, points de livraison, mandats et consultations des fournisseurs.
- Récupérer les données des gestionnaires de réseau. Energrid donne accès aux données d’Enedis et de GRDF, consommations et caractéristiques des points de livraison, pour les clients qui en ont autorisé la consultation.