Le métier de courtier en énergie n’a pas de cadre légal qui lui soit propre. En février 2025, le médiateur national de l’énergie a relevé l’absence de réglementation précise sur le courtage en énergie et proposé une définition légale, des obligations de transparence et une immatriculation des courtiers. Rien n’impose donc à un cabinet de justifier d’un diplôme, de s’inscrire sur un registre ou d’annoncer sa commission. Le guide Démarchage et réglementation du courtage en énergie fait le point sur les règles et les projets en cours.
Le choix repose sur des éléments que l’entreprise peut vérifier elle-même. En voici sept, avec l’endroit où trouver chaque information.
Travaille-t-il avec des entreprises comme la vôtre ?
Acheter l’énergie d’une boulangerie, d’un site industriel ou d’une copropriété ne demande pas les mêmes compétences. Un cabinet habitué aux gros sites télérelevés n’apporte pas grand-chose à un commerce, et l’inverse est vrai.
Demandez au cabinet quels types de clients composent son portefeuille et s’il peut citer des références proches de votre situation. Dans l’annuaire, les fiches vérifiées indiquent les clientèles visées, les énergies traitées et la zone d’intervention. Les pages par spécialité réunissent les cabinets selon ces critères : par exemple électricité, gaz ou TPE et PME.
Annonce-t-il sa rémunération ?
Beaucoup de courtiers sont payés par le fournisseur retenu, par une commission comprise dans le prix du contrat. Le médiateur national de l’énergie observe que de nombreux intermédiaires tirent leurs revenus des partenariats avec les fournisseurs. D’autres facturent des honoraires, ou prélèvent une part des économies.
Aucun modèle n’est à écarter d’office. Le critère est que le cabinet dise lequel il pratique et pour quel montant, avant la signature du mandat. Les fiches de l’annuaire indiquent le mode de rémunération lorsque le cabinet le publie.
Quels fournisseurs consulte-t-il ?
Un courtier rémunéré par les fournisseurs ne compare que les offres de ceux avec lesquels il a un accord. Leur nombre et leur identité déterminent la valeur de la mise en concurrence.
Demandez la liste des fournisseurs partenaires, puis, pour votre dossier, ceux qui ont été sollicités et ceux qui ont répondu. Vérifiez aussi que le cabinet ne déclare pas de lien capitalistique ou commercial privilégié avec l’un d’eux. Les fiches précisent si la liste des fournisseurs est publiée et si un tel lien est déclaré.
Que prévoit son mandat ?
Le mandat est le contrat qui vous lie au courtier. Il l’autorise à consulter les fournisseurs en votre nom et à accéder à vos données de consommation. Lisez-y quatre clauses :
- la durée, et les conditions de renouvellement ;
- l’exclusivité, qui vous interdirait de consulter un autre cabinet ou un fournisseur en direct ;
- les modalités de résiliation ;
- l’étendue des données auxquelles le cabinet accède, et pour combien de temps.
Un mandat court, sans exclusivité ou avec une exclusivité limitée à la consultation en cours, laisse l’entreprise libre de ses choix. Le guide sur le déroulement d’une mission de courtage explique à quel moment il se signe. Vérifiez par ailleurs votre contrat d’énergie actuel avant tout engagement : le médiateur national de l’énergie rappelle qu’un commercial n’a pas accès à ses termes, en particulier à sa durée et à ses frais de résiliation anticipée.
Que fait-il après la signature ?
La consultation ne dure que quelques semaines ; le contrat, plusieurs années. Certains cabinets s’arrêtent à la signature, d’autres contrôlent les factures, alertent avant l’échéance et relancent une consultation.
Faites préciser ce qui est compris, à quelle fréquence, et par qui. Les fiches de l’annuaire listent les services déclarés par chaque cabinet : suivi de la facturation, optimisation de la fiscalité énergétique, efficacité énergétique, espace client en ligne.
La société est-elle solide ?
Un courtier qui disparaît en cours de contrat laisse son client sans suivi. Quelques vérifications suffisent : l’ancienneté de la société, sa forme juridique, son effectif, la publication de ses comptes.
Ces informations sont publiques. Les fiches de l’annuaire les reprennent du registre des entreprises, avec la date du relevé, et signalent une société qui a cessé son activité. Regardez aussi comment le cabinet est organisé : équipe salariée, réseau de franchisés ou de mandataires indépendants. Dans un réseau, demandez qui sera votre interlocuteur et qui répond du conseil donné.
Que disent ses avis en ligne ?
Les avis donnent une indication, pas une preuve. La DGCCRF rappelle que les gestionnaires d’avis doivent informer sur l’existence d’une procédure de vérification et conseille de diversifier ses sources avant de se décider.
Lisez les avis pour leur contenu plus que pour leur note. Les plus utiles décrivent une mission : type d’entreprise, déroulement, qualité du suivi. Regardez comment le cabinet répond aux critiques. Et rapprochez ces avis d’autres signaux : références nommées, études de cas chiffrées, adhésion à une organisation professionnelle. Une adhésion renseigne sur l’engagement du cabinet dans sa profession ; elle ne dispense pas de lire son mandat.
Cabinet indépendant ou grand réseau ?
La taille ne dit pas la qualité. Un petit cabinet offre souvent un interlocuteur unique et stable ; un réseau national apporte des moyens, des outils et une présence sur tout le territoire, utile aux entreprises multi-sites. Les sept critères s’appliquent de la même façon aux deux.
Quant au mot « indépendant », il n’a pas de définition légale. Il désigne tantôt un cabinet sans lien avec un fournisseur, tantôt un courtier qui exerce seul. Préférez la question précise au qualificatif.
Les questions à poser avant de signer
- Quels clients de ma taille et de mon secteur accompagnez-vous ?
- Qui vous rémunère sur ce dossier, et pour quel montant ?
- Quels fournisseurs allez-vous consulter ?
- Quelle est la durée du mandat, et comporte-t-il une exclusivité ?
- Que faites-vous après la signature, et pendant combien de temps ?
- Qui sera mon interlocuteur ?
Posez-les à deux ou trois cabinets et comparez les réponses écrites. Le Médiateur des entreprises propose en complément une « checklist » énergie en dix questions sur le contrat et les prix.
Pour commencer votre sélection, parcourez la liste des courtiers en énergie français. Et si vous hésitez encore sur l’utilité de la démarche, le guide Pourquoi faire appel à un courtier en énergie décrit ce que ce travail recouvre.