TPE ou PME : deux situations d’achat
Le courtage ne répond pas au même besoin pour un commerce de quartier et pour une entreprise de cinquante salariés répartie sur trois sites. La différence tient à deux seuils.
Le premier concerne la taille de l’entreprise. Une structure qui emploie moins de 10 personnes et dont le chiffre d’affaires, les recettes ou le total de bilan annuels sont inférieurs à 2 millions d’euros peut souscrire le tarif réglementé de vente d’électricité. Depuis le 1er février 2025, ce droit est ouvert aux TPE ; la puissance du site détermine seulement le tarif applicable. Une PME qui dépasse ces seuils n’a accès qu’aux offres de marché.
Le second concerne la puissance du compteur. Jusqu’à 36 kVA, les offres suivent des grilles publiques et les petits professionnels sont en principe exonérés de frais de résiliation, sauf pour un contrat à prix fixe et à durée déterminée. Au-delà, les offres sont le plus souvent établies sur devis, et la sortie anticipée du contrat peut être payante.
Les cabinets listés sur cette page sont ceux dont la fiche mentionne les TPE et les PME parmi leurs clientèles.
Ce qu’un courtier apporte à un petit site
Pour un site unique de faible puissance, la marge de négociation est étroite. Les fournisseurs appliquent des grilles de prix publiques, et le tarif réglementé donne un point de comparaison. Une TPE peut faire ce travail seule : le médiateur national de l’énergie décrit la méthode pour comparer les offres et met à disposition un comparateur indépendant des fournisseurs.
Le courtier devient utile dans quatre cas :
- l’entreprise exploite plusieurs locaux, dont les contrats arrivent à échéance à des dates différentes ;
- elle consomme du gaz naturel, pour lequel il n’existe plus de tarif réglementé ;
- un de ses sites dépasse 36 kVA, puissance à partir de laquelle les offres de marché sont le plus souvent établies sur devis ;
- personne, dans l’entreprise, n’a le temps de suivre les échéances et de relire les factures.
Dans ces situations, le courtier regroupe les sites, consulte plusieurs fournisseurs et présente des offres comparables. Les pages courtier en électricité et courtier en gaz décrivent ce qui se négocie pour chaque énergie.
La question se pose avec plus d’acuité pour une petite entreprise, parce que le contrat est modeste et que la commission en représente une part visible. Deux modèles existent : une commission versée par le fournisseur retenu, comprise dans le prix payé par le client, ou des honoraires facturés à l’entreprise.
Le médiateur national de l’énergie a souligné en février 2025 que de nombreux intermédiaires tirent leurs revenus des partenariats avec les fournisseurs, et relevé l’absence de réglementation précise sur le courtage en énergie. Rien n’interdit ce modèle, mais il suppose deux vérifications : le cabinet consulte-t-il un nombre suffisant de fournisseurs, et indique-t-il le montant de sa commission ?
Les fiches de l’annuaire précisent le mode de rémunération lorsque le cabinet le publie, ainsi que l’existence d’une liste publique des fournisseurs consultés.
Démarchage : les protections d’une petite entreprise
Les TPE sont souvent contactées par téléphone ou sur place par des commerciaux qui se présentent comme courtiers ou conseillers. Trois règles sont à connaître avant de signer quoi que ce soit. Le guide Démarchage et réglementation du courtage en énergie les replace dans leur cadre.
Le droit de rétractation n’est pas acquis. Il ne s’applique à un professionnel que si le contrat a été signé hors de l’établissement du fournisseur, s’il ne concerne pas directement son activité principale et si l’entreprise emploie 5 salariés ou moins. Dans ce cas, le médiateur indique qu’elle peut envoyer une lettre recommandée dans les 14 jours suivant la signature.
Les frais de résiliation sont encadrés. Depuis le 4 mars 2021, les petits professionnels en sont exonérés, sauf pour un contrat à prix fixe et à durée déterminée. Un commercial qui affirme que « changer ne coûte rien » ne connaît pas votre contrat en cours : le médiateur rappelle qu’il n’a pas accès à ses termes.
Un recours gratuit existe. Les entreprises de moins de 10 salariés et de moins de 2 millions d’euros de chiffre d’affaires peuvent saisir le médiateur national de l’énergie après une réclamation écrite restée sans réponse satisfaisante pendant deux mois.
Avant de signer un mandat
Un mandat de courtage autorise le cabinet à consulter les fournisseurs en votre nom et à accéder à vos données de consommation. Avant de le signer, relisez quatre points :
- sa durée, et la façon d’y mettre fin ;
- l’existence d’une exclusivité, qui vous empêcherait de consulter un autre cabinet ou un fournisseur en direct ;
- le mode de rémunération et son montant ;
- ce que le cabinet s’engage à faire après la signature du contrat d’énergie.
Gardez aussi sous la main la date d’échéance de vos contrats actuels et leurs conditions de sortie : ce sont les premières informations qu’un courtier sérieux vous demandera. Voir aussi Quand et comment renégocier son contrat d’énergie.
Pour comparer d’autres cabinets, consultez la liste complète des courtiers en énergie.