Un courtier en énergie est rarement payé par une facture adressée à son client. C’est ce qui rend la question de son coût moins simple qu’elle n’en a l’air : pour y répondre, il faut savoir qui le rémunère, sur quelle base, et où cette somme apparaît.
Les quatre façons de rémunérer un courtier en énergie
Les cabinets de courtage se rémunèrent selon quatre modèles, que les fiches de l’annuaire distinguent.
La commission versée par le fournisseur. Le fournisseur retenu rémunère le courtier qui lui a apporté le contrat. L’entreprise ne reçoit aucune facture du cabinet. C’est le modèle le plus souvent déclaré sur les fiches de l’annuaire ; le médiateur national de l’énergie note que beaucoup d’intermédiaires tirent leurs revenus des partenariats avec les fournisseurs d’énergie.
Les honoraires facturés au client. Le cabinet facture sa prestation à l’entreprise, au forfait ou au temps passé, comme le ferait un conseil. Le coût est connu à l’avance et ne dépend pas du fournisseur choisi.
La part des économies réalisées. Le cabinet est payé en proportion de l’économie obtenue par rapport à une situation de référence. Tout dépend alors de cette référence : l’ancien prix, une offre concurrente ou un prix de marché ne donnent pas le même résultat.
La formule mixte. Le cabinet combine une commission et des honoraires, par exemple des honoraires pour l’étude et une commission à la signature.
Où la commission se retrouve dans votre contrat
Quand le fournisseur paie le courtier, il ne le fait pas à fonds perdus. La Commission de régulation de l’énergie décrit le prix d’une offre comme la somme de coûts identiques pour tous, tels que l’accès aux réseaux, et de coûts qui varient d’un fournisseur à l’autre : l’approvisionnement, la commercialisation et la marge. La commission d’un intermédiaire est un coût de commercialisation. Elle entre donc dans la part du prix que le fournisseur fixe librement, celle que le courtier est justement chargé de négocier.
Deux conséquences en découlent.
La première : la commission n’apparaît sur aucune ligne de la facture d’énergie. Elle est fondue dans le prix du kilowattheure ou de l’abonnement, et l’entreprise la paie pendant toute la durée du contrat.
La seconde : un prix obtenu par un courtier peut rester inférieur à celui que l’entreprise aurait obtenu seule, commission comprise. Le fournisseur économise un effort commercial et le courtier met plusieurs offres en concurrence. Mais ce n’est pas garanti, et cela ne se vérifie qu’en connaissant le montant.
Ce que « gratuit » veut dire
Un cabinet qui se présente comme gratuit dit vrai sur un point : il n’enverra pas de facture. Il serait plus exact de dire que son client le paie par l’intermédiaire du fournisseur.
Ce modèle n’a rien d’illégitime, et il convient à beaucoup d’entreprises. Il crée cependant une situation à surveiller : un courtier payé par les fournisseurs a un intérêt financier dans le choix qu’il recommande. Si les commissions diffèrent d’un fournisseur à l’autre, l’offre la plus rémunératrice pour lui n’est pas forcément la meilleure pour son client. Le nombre de fournisseurs consultés compte aussi : un cabinet qui ne travaille qu’avec quelques partenaires ne compare que leurs offres.
Aucun texte propre au courtage n’oblige un cabinet à annoncer ce qu’il perçoit. Le médiateur national de l’énergie a proposé en 2025 d’encadrer le courtage par une définition légale et des obligations de transparence ; tant que ce n’est pas fait, l’information s’obtient en la demandant.
Posez quatre questions avant de signer un mandat, et demandez une réponse écrite :
- Qui vous rémunère sur ce contrat : le fournisseur, mon entreprise, ou les deux ?
- Quel est le montant de cette rémunération, en euros par mégawattheure ou en total sur la durée du contrat ?
- Est-il le même quel que soit le fournisseur retenu ?
- Quels fournisseurs avez-vous consultés pour mon dossier, et lesquels ont répondu ?
Un cabinet habitué à la transparence répond sans difficulté. Faites figurer ces éléments dans le mandat, avec sa durée et les conditions pour y mettre fin. Le Médiateur des entreprises met par ailleurs à disposition une « checklist » énergie en dix questions sur le contrat et les prix, utile pour préparer cet échange.
Ce que le coût ne dit pas
Le montant de la rémunération n’est qu’une moitié de la comparaison. L’autre est le travail fourni : nombre de fournisseurs consultés, qualité du comparatif, suivi des factures, alerte avant l’échéance. Un cabinet plus cher qui suit le contrat pendant trois ans ne rend pas le même service qu’un cabinet qui disparaît après la signature.
Pour une petite structure, la question se pose autrement : sur un contrat modeste, la commission représente une part plus visible du prix, et la comparaison peut parfois se faire sans intermédiaire. Le guide Courtier, comparateur, achat groupé ou conseil compare les façons d’acheter sans courtier. La page consacrée aux courtiers pour TPE et PME détaille ce cas.
Pour aller plus loin, le guide Pourquoi faire appel à un courtier en énergie décrit ce que ce travail recouvre, et Comment choisir un courtier en énergie passe en revue les autres critères à vérifier.